PJD: «La vente d’alcool aux musulmans sera autorisée dès et pendant le Ramadan qui arrive.»

Le 1er avril dernier, l’AIIM (l’Association des Ivres Intellectuels Marocains) lançait une pétition pour l’abrogation de la loi interdisant la vente de boissons alcoolisées aux marocains musulmans.  Cette pétition à l’origine d’une épaisse polémique a récolté pas moins de 115k signatures en l’espace d’un mois.

En visite à Benguerir, vendredi dernier, Saâdeddine El Othmani, semblait avoir entendu cet appel, également concerné par les préoccupations des Marocains. En effet, le chef du gouvernement avait proposé une réforme complète du mariage putatif entre droit musulman et droit positif.  Dans une chaleur propre à la province de Rehamna le premier ministre refroidit un auditoire riche en barbes. Après une basmala timidement bafouillée, il tint un discours, comme à son habitude, aussi bref qu’abscons :

« La tartufferie c’est fini. L’heure est à la fluante réalité. Le divorce doit être prononcé pour le bien des deux. » 

N’ayant saisi que l’essence du propos ministériel, et pour obtenir des clarifications sans langue de bois sur ladite réforme, nous avons voulu interroger monsieur le premier ministre. Celui-ci a répondu favorablement à notre demande. Il invita chez-lui notre rédaction, ainsi que les rédactions de Hespress et Harbapress.

Au cœur d’un salon typiquement marocain, embaumé de menthe, sur des sédaris propices aux assises tranquilles, Saâdeddine El Othmani s’exprimant en darija, libéré des carcans conservateurs imposés par la langue arabe classique, lâcha sans ambages :

« La vente d’alcool aux musulmans sera autorisée dès et pendant le Ramadan qui arrive. » 

Telle fut l’annonce crue du premier ministre. Annonce, prononcée en égrenant un chapelet, que nos confrères de Harbapress avaient vite relayée sur les réseaux sociaux, créant ainsi une nouvelle et énième polémique qui mit à l’ombre les maints arguments du Pjdiste en djellaba :

« D’un point de vue culturel et cultuel, les lois liberticides n’ont pas à exister dans notre Droit : ni le Maroc millénaire dont l’essence est faite de tolérance et d’ouverture, ni l’Islam qui invite l’individu à se contraindre lui-même et non à contraindre son frère ou sa sœur, ne s’opposent à la vente d’alcool. C’est au croyant de s’interdire ce qui est moralement illicite ; ce n’est pas le rôle du droit positif. Concernant le domaine économique, nous laissons fleurir un marché noir qui nous coute cher durant ce mois béni ; ce qui serait haram ce serait de laisser cet argent nous échapper pour des raisons faussement spirituelles. Enfin, je pense que notre société suffisamment mure, si ouverte au monde, ne pourrait être choquée par un tel changement ; ce n’est pas sans pincement au cœur que je le dis mais il m’apparait que l’alcool est devenu un produit socialement acceptable au Maroc, ça fait mal mais c’est ainsi et nous devons faire avec, dans l’intérêt du citoyen marocain. »  

Saâdeddine El Othmani mit un terme à notre rencontre lors de l’appel à la prière.

Les réactions nombreuses se séparent à l’heure actuelle en deux camps : les pour d’un côté ; les contre de l’autre. Tandis que le PJD et ses partisans se félicitent, voyant en cette annonce la conclusion de cette trouble période de schizophrénie sociale, les partis de l’opposition reprochent au parti islamiste son manque d’islamité répétant l’éternel  « le  Maroc est une terre d’Islam » .

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