Au Maroc, les pauvres jaloux du bonheur des riches devront s’acquitter d’une taxe « sinistrose » qui sera redistribuée aux riches

« Sinistrose », « nihilisme », « désespoir » et « larmoiement » sont les derniers mots à la mode pour qualifier les pauvres au Maroc. Dans un vibrant plaidoyer, alliant franchise et sincérité, des ministres ont poussé un coup de gueule contre ce négativisme ambiant, contre le mécontentement non justifié de certains marocains. Par souci d’honnêteté, ces serviteurs du peuple ont appuyé leur discours par des chiffres qui démontrent que tout va bien au Maroc, une économie en très bonne santé, des richesses équitablement réparties, un système éducatif performant et efficace.

«Mais que veulent-ils de plus ? Ne devraient-ils pas faire preuve d’un peu de reconnaissance au vu de ces résultats ? Ne devraient-ils pas être contents pour leur concitoyens riches ? Pourquoi tant de haine et de mépris pour cette classe? À quelques millions de dirhams près, ne sommes-nous pas tous égaux ?» Nous confie, très touché, un PDG lors du buffet de l’université d’été de la CGEM.

Le ministre de l’économie quant à lui nous explique : «Des études ont mis en avant un concept inspiré de ce qu’on appelle en sociologie « le jeu de l’ultimatum » qui démontre que les pauvres en plus d’être fainéants, sont des éternels jaloux. Des envieux nihilistes qui cherchent à tout prix gâcher le bonheur des riches. Rendre les riches moins riches ne les rendra pas moins pauvres! Leur insatiable soif d’égalitarisme n’est qu’une preuve de leur ignorance et leur manque d’altruisme. Ceci étant, nous avons décidé, après mûre réflexion d’imposer une taxe qu’on appellera  » La taxe sinistrose » dont devra s’acquitter tout pauvre mécontent de sa situation, et croyez-moi que d’ici la fin de l’année nos pauvres seront heureux.»

En attendant d’arborer un large sourire, nous invitons nos chers pauvres lecteurs à méditer cette citation d’Arthur Schopenhauer : « L’envie est naturelle à l’homme ; cependant elle est un vice et un malheur tout à la fois (…). Nulle haine n’est aussi implacable que l’envie ; aussi, nous ne devrions point incessamment et assidûment l’exciter ; au contraire, nous ferions mieux de renoncer à ce plaisir, comme à beaucoup d’autres, vu ses dangereuses conséquences. »

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