Des gardiens de gardiens de rue seront mis en place au sein du Grand Casablanca pour renforcer la sécurité

En ces temps de boycott populaire, le Wali de Casablanca a décidé de surfer sur cette vague démocratique. Abdelkrim Zahoud répond favorablement au peuple. Nous apprenons ainsi de sources quasi-sûres que des directives concernant le PNRCGGC (Plan National de Rénovation et de Construction du Grand Casablanca) sont sur le point d’être appliquées. Dès le premier jour du ramadan, Casablanca ne comptera plus un gardien par rue mais deux gardiens, le deuxième chargé de surveiller le travail du premier.

Cette information sonne comme une très bonne nouvelle tant l’insécurité est devenue reine au cœur de la capitale économique du Royaume.
90 % des Casablancais ne se sentent pas en sécurité dans les rues de leur ville. Ce sondage réalisé par le site arabophone hesspress.ma décortique ce chiffre – datant de 2017 et portant sur un échantillon composé et de kilimini et de fils du peuple et gens n’ayant aucune de ces étiquettes – à la lumière d’une étude réalisée en 2007. Il y a 10 ans, 60 % des Casaouis se sentaient en danger à l’extérieur de chez eux. Cette hausse de 50 % s’explique en partie par l’insécurité des automobilistes, ressentie aujourd’hui plus qu’hier. Et chez les conducteurs justement, de Aïn Diab à Aïn Sebaa en passant par Hay-Mohammadi, le seul responsable demeure le gardien de parking. Des poncifs pointant du doigt ses apparitions soudaines au moment du départ des voitures et son absence à leurs arrivées, s’ajoutent des critiques acerbes et invraisemblables.

« Avec un seul gardien, ce n’est plus sûr du tout. Enfin, si, mais ce n’est pas pratique pour nous. Écoutez, moi je suis médecin, ma femme est ingénieur et j’habite du côté de Ghandi dans une zone résidentielle. Et bien figurez-vous que notre gardien de rue refuse d’aider ma femme de ménage à porter les courses et la pauvre je crois qu’elle n’a même pas 16 ans. Des fois elle est amenée à porter une butagaz. Et bien le bougre de gardien il refuse parce que sinon il n’y aura personne pour surveiller les voitures. Et ici, dès que tu as le dos tourné, il te pique un truc de ta caisse. Avec deux gardiens la solution est là, l’un aidera la femme de ménage et l’autre et bien il va surveiller. Vous voyez comme c’est pratique. » Déclare monsieur Kennani, un casablancais ravi de cette décision.

El-Guenfoud, rédacteur chez Bopress, est allé faire un tour dans l’un des quartiers où ce dispositif de deux gardiens pour chaque rue est appliqué depuis un an. Derb-Moulay-Cherif. À son arrivée, il y avait deux hommes en train de jouer aux dames avec des bouchons de Sidi Ali. Aucun des deux ne manifesta le moindre intérêt pour sa personne. Il n’a pu effectuer un créneau qu’à la sueur de son front. Il fit un tour et de retour, les deux compères avaient disparu. Il démarra la voiture, les voilà dans son pare-brise. Selon lui, ça n’a pas changé grand-chose, sauf que c’est deux fois plus cher. Mais d’autres comme monsieur Kennani sont satisfaits. De quoi ouvrir un nouveau débat de société.

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