La mission française envisage d’introduire la table de 20 dans ses programmes pour faire saisir la notion de Rial à ses élèves

C’est une décision qui vient de l’hexagone mais dont l’essence est purement marocaine. Dans le cadre de l’adaptation continue de la mission française au sein des territoires où elle propage son triptyque et ses lettres, la table de 20 sera introduite, dès la rentrée prochaine, dans les programmes scolaires français au Maroc. Cela concernera les élèves du premier et du second degré. Cette nouveauté dans les programmes est en fait une réponse à l’ignorance de la notion de Rial dont souffrent tant et tant de FilsFilFilsophile.

«C’est une décision pragmatique qui répond à un problème concret que rencontrent nos élèves. L’enseignement de la table de 20 sera dispensé du CE2 à la terminale car nos élèves justement vivent dans un pays où ils ne savent même pas donner sens aux prix des choses. C’est leur pays, le Maroc, pour la plupart ; ce qui est d’autant plus navrant et c’est ce qui rend cette nouveauté dans les programmes d’autant plus louable.» explique monsieur Jean-Ahmed de Foy, porte-parole de la mission française au Maroc.

Ce dispositif vise à protéger contre les arnaques dues à la pratique du prix en Rial.

« J’aime le Maroc de tout mon cœur. Je vis à Casablanca avec ma femme et mes enfants depuis 35 ans. Nous sommes heureux. Mais je ne peux fermer les yeux sur les escroqueries quasi-systématiques ici : du taxi à l’épicier, en passant par le gardien du parking et en terminant par le gardien d’immeuble. Et quand il s’agit de Rial, l’arnaque est souvent décuplée. La candeur couplée à l’ignorance peut causer de sérieux dommages. Des élèves de nos établissements s’étant fait duper par l’arnaque du Rial, il y en a pléthore. L’un de nos lauréats a même créé une application pour convertir le dirham en rial et vice versa. Mais on ne se promène pas toujours librement dans le Royaume avec son smartphone ou sa tablette. Il faut que l’application soit dans la tête. » Poursuit monsieur J-A de Foy.

Nous avons découvert à travers notre enquête l’existence d’une association officiellement anti-Rial « Ma T9ich Derhmi » (Traduction : ne touche pas à mon dirham). El-Guenfoude a rencontré sa fondatrice, madame Bennani Ghita :

« Nous sommes au 21ème siècle et on nous parle de Rial, pourquoi pas le Dinar tant qu’on y est ! Ce pays a besoin de se moderniser d’urgence. On cumule les retards. Comment voulez-vous qu’on avance alors qu’on lit sur un billet le chiffre 50 et on le prononce 1000 ? »

Lala Ghita, comme elle aime à être appelée, s’est également confiée sur les raisons de la création de sa structure qui compte pas moins de 55 grandes familles issues de la même (grande) famille :
« Mon petit Mehdi me demandait chaque jour après l’école 10 dirhams ; il revenait quasi-bredouille. Longtemps je pensais qu’il se faisait racketter. Et puis un jour j’ai décidé de le suivre et je vis de mes yeux que le vendeur de fruit sec lui vendait un seul chew-gum bubbaloo à 10 dirhams. Mon petit entendant dans le « 3achra derial »- 10 rials- que le « 3achra », que le dix, ignorant du Rial, la prunelle de mes yeux.»

 

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